2 : The only one. Lâché dans la nature en mai dernier, The only one eut la lourde tâche de dévoiler le premier aspect de ce nouvel opus, et force est d'admettre que ce titre, jugé trop convenu, a peu convaincu les fans. Sans être originale (il faut dire aussi qu'en vingt ans le style a été largement plagié) ni excellente, cette chanson gentillette prend tout de même plus d'ampleur dans nos oreilles qu'en version single, peut-être parce qu'elle ne reflète pas l'atmosphère générale du disque... Sympa, mais sans plus.
3 : The reasons why. Des riffs de guitares et des lignes de basses jouissifs comme The Cure en a le secret. Pas vraiment rapide, The reasons why, vibrant, entraîne rapidement l'auditeur dans la danse. La magie opère jusqu'à la dernière seconde. Un excellent titre, au texte typiquement Smith.
4 : Freakshow. Rock à la basse très groovy, ce morceau surprend par son énergie. Mixtion entre le sautillant Lovecats et le post-punk époque Three imaginary boys, agrémentée d'un texte savoureux. Le rêve se prolonge à travers la peinture du cauchemar, en partant en bordel... Un petit bijou.
5 : Siren song. Ni bonne ni mauvaise, cette cinquième piste, très lente, au son très américain, fait presque l'effet d'un interlude tant ses maigres deux minutes passent vite, sans que la musique n'est véritablement le temps de décoller. Beaucoup trop bref. Dommage.
6 : The real snow white. Retour à un titre mêlant pop (refrains) à une ambiance plus lourde (couplets). The real snow white convainc encore une fois pour sa mélodie fine, ses guitares, sa basse. Pas révolutionnaire pour un sou, mais bougrement agréable.
7 : The hungry ghost. Les premières notes créent la surprise : nouvelle rétrogradation vers Three imaginary boys. On sent déjà qu'on aura droit à un morceau de référence, les frissons redessinent notre peau... Avec une intro simple à la guitare, assimilable rapidement (tel Rape me de Nirvana), The hungry ghost, aussi sombre qu'une nuit d'automne, apparaît comme le meilleur titre du disque. Tout simplement magnifique. Des paroles tristes et somptueuses. « We'll never satisfy the hungy ghost... »
8 : Switch. Grattes psychédéliques et ronflantes à la « Freakshow » pour un résultat lourd, au bord de l'asphyxie. On nage dans l'obscurité ; encore un mauvais rêve, barbouillé de peintures noires, violettes, rouges. Une piste agressive, énergique, et férocement réussie.
9 : The perfect boy. Dernier single en date, The perfect boy montrait le côté le plus calme et doux de 4 : 13 Dream. Une pop song gentillette, mais peut-être un peu lisse et pas assez percutante. Mignon, mais sans plus.
10 : This. Here and now. With you. Une guitare basse prenante, des sonorités aériennes, du calme... Ce très beau morceau donne une parfaite illustration du fantasme, sous des sonorités peu communes. D'autant plus agréable après un banal Perfect boy.
11 : Sleep when I'm dead. Définitivement le meilleur single de The Cure depuis Lullaby en 1989 ! Efficace, irrésistible et hypnotique. Seule différence à noter par rapport au Mix 13 : beaucoup de réverb' et d'échos, ajoutant à la chanson la lueur de drôles de spectres. Beau, dans la même lignée que tous les grands succès du groupe dans les années 80.
12 : The scream. Les horloges se dérèglent et les minutes fondent : le rêve part en vrille, violent, noir et extrêmement lourd. La peinture coule en dehors du tableau. « The scream » assure le passage le plus agressif de l'album, sous une pléthore de guitares psychédéliques, énervées, et des mots criés. Crade et époustouflant.
13 : It's over. Le rêve se termine, la peinture se fige. The Cure termine ce disque avec la chanson la plus énergique, bénéficiant elle aussi de deux minutes d'intro. On pourrait peut-être regretter la voix de Robert Smith, un peu trop noyée derrière cette flopée de décibels, mais qu'importe. Une fin digne, qui redonne encore plus envie d'appuyer sur ce bouton très pratique qu'est « repeat » (quelle joie la technologie). La rêverie se sera étendue sur un peu moins d'une heure, mais s'imprime de manière indélébile, comme de l'encre de Chine sur une feuille de papier.


